Plan climat de Nicolas Hulot : utopie ou réelle opportunité ?

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Audran D. AkebonoLV a répondu le

Vous n’êtes pas sans savoir que Nicolas Hulot, le ministre de l’écologie, a aujourd’hui présenté son plan climat qui vise à réduire notre empreinte sur la planète.

Présentant six grands thèmes, c’est un texte majeur qui vise à effecteur une réelle transition écologique. Si vous voulez en savoir plus, je vous invite à aller voir l’article du Monde, que je trouve assez complet : cliquez-ici pour y accéder.

Je souhaitais cependant revenir sur les aspects les plus ambitieux de ce projet de loi :

Pour commencer, pensez-vous qu’il est possible de mettre fin aux véhicules diesel et essence d’ici à 2040 ?
Je pense que c’est faisable mais j’imagine que beaucoup de personnes préfèreront garder leurs voitures, car ils ne voudront pas en racheter une nouvelle ou passer à l’électrique. Cependant, si le projet est un succès, ce serait un véritable exploit et une révolution !

Pour finir, est-il possible selon vous, que l’énergie nucléaire représente seulement 50% de notre production d’électricité d’ici 2025 ? Nicolas Hulot n’a pas encore communiqué quelles centrales il comptait fermer :

Sur ce sujet, je ne veux pas avoir une approche dogmatique. Nous allons fermer un certain nombre de réacteurs. Je dois identifier avec mes services quels réacteurs nous allons fermer en fonction des critères de sécurité, sociaux et économiques. Mais je n’ai pas encore tous les éléments.

Voilà un petit résumé de la situtation, maintenant j’aimerais savoir votre avis sur tout ça !

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Staghnor Staghnor a répondu le

L’avancée des techniques permettant de moins polluer, est évidemment un bienfait qui ne peut profiter qu’à l’humanité toute entière. Pouvoir se déplacer sans encombrer l’atmosphère de rejets toxiques est évidemment une bonne chose. Cela dit, il ne faut pas s’arrêter à la surface. Les voitures, mêmes les voitures électriques ou non polluantes, restent soumises aux lois des marchés et des impératifs de rentabilité. Nous nous retrouverions face à une surproduction massive de voitures écologiques qui devront tirer sans cesse leur énergie de l’énergie électrique par exemple, provoquant une tension énorme sur les nouvelles énergies. Au bout du compte, le capitalisme serait de nouveau dans une série de contradictions particulièrement difficiles à dépasser pour lui.

Le capitalisme s’écologise de plus en plus, mais toujours du point de vue du capital. Il ne s’agit pas de produire en vue des besoins de l’humanité, mais des impératifs de rentabilité absolus. Produire des voitures écologiques, salarier les ouvriers qui construisent les automobiles, exploiter les nouvelles ressources non polluantes, peuvent très vite devenir de nouvelles contradictions générales devant lesquelles le capitalisme va de nouveau devoir faire face. Il ne s’agit pas seulement de produire sans polluer, il s’agit de produire en vue de satisfaire les besoins humains, et non plus les appétits des marchés aussi écologiques soient-ils, ou non. Une société qui se préoccupe de la nature, est une société qui produit selon les besoins humains, et non pas selon les besoins des marchés ou de leurs impératifs de rentabilité. L’écologie pose la moitié du problème, l’autre partie est le capitalisme. Si on ne cherche qu’à écologiser le capital, sans s’attaquer au marché, on ne fait que rafistoler par ci par là quelques problèmes sans s’attaquer au problème dans sa totalité.

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ABB ABB a répondu le

Selon moi la réussite de ce projet est très dépendante de la recherche dans les secteurs de l’énergie « propre » et des nouveaux moyens de locomotions. Donc il est impératif pour la réussite d’investir énormément dans la recherche sans quoi les améliorations seront minimes et très éloignées des objectifs du ministre.

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AkebonoLV AkebonoLV a répondu le

Il y a des mesures intéressantes, qui vont dans le bon sens, notamment en ce qui concerne le nucléaire. Reste à savoir l’aspect « pratique » : quelles centrales vont fermer ? quel plan sera mis en oeuvre pour former le personnel dans le cadre de leur reconversion ? etc.

 

Je reste néanmoins dubitatif sur le bien fondé d’une mesure qui a retenu l’attention médiatique car forte : plus de diesel/essence d’ici 2040. Encore une fois, sur le principe, la mesure est intéressante. Sur la pratique, ça risque néanmoins d’être compliqué.

En effet, avoir un parc de voitures électriques aussi important nécessite le développement de stations de rechargement sur l’ensemble du territoire pour que cette mesure ait un semblant de crédibilité. Or, la date annoncée ne laisse que 23 ans pour la réalisation de cet énorme chantier. Ça me paraît extrêmement court, et s’il n’y a pas de station de rechargement, les consommateurs risquent d’avoir un peu de mal à franchir le cap.

Ensuite, qui dit voiture électrique dit batterie. Les batteries usées ou défaillantes devront être traitées ensuite, ce qui nécessite un minimum de moyens que l’on ne possède pas actuellement. A nouveau, développer cela en 23 ans va être difficile.

Et puis, sur la consommation même, ça pourrait impliquer les ventes de véhicules sur les quelques années avant 2040 selon l’évolution de la mise en place de la mesure. Et on sait bien qu’une baisse de ventes, c’est de l’emploi en moins, des licenciements possibles.

 

Je ne dis donc pas que c’est impossible mais que ce sera extrêmement compliqué et que cela nécessitera un calendrier très préparé et organisé pour s’assurer d’une mise en place optimale. Si, d’ici 2040, tout cela est mis en place, il faudra bien reconnaître que la France aura réussi un exploit et ce sera bon pour l’image du pays à l’international.

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