La révolution française a plus profité à la bourgeoisie ou au peuple?

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Lenadck Staghnor a répondu le

Auriez vous des articles à propos de ce sujet?

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Manolo Manolo ✅ a répondu le

Je n’ai pas, à proprement parlé, d’articles à te proposer sur ce sujet, bien qu’il doit être facile d’en trouver.

J’ai cependant récemment lu un livre dont voici la référence:

  • La République française, Marion Delattre, édité par Studyram

Cet ouvrage synthétique met bien en évidence lors des balbutiements de la République, la main mise des bourgeois sur la révolution.

En dépit d’oeuvre comme La liberté guidant le peuple de Delacroix, qui montre une vague populaire s’insurger (en fait ce sont des symboles, mais ils ne traduisent en rien la vérité). La Révolution Française fut belle et bien orchestré en tout cas par la Bourgeoisie.

De fait, les bourgeois de l’époque étaient insupporté à la vue d’une noblesse, parfois désargenté, endetté (qui souvent empruntait aux bourgeois), jouissant de privilèges et controlait le pays tant au niveau national (avec la cour du roi) qu’au niveau local (avec les ducs, les comtes, etc…).

L’un des premiers textes découlant de la Révolution Française fut l’abolition des privilèges le 4 août 1789.

En outre, rappelons qu’une République n’est pas nécessairement une démocratie, et cela se confirme en regardant le mode de fonctionnement des deux premières Républiques françaises.

Ainsi, la première République, qui dura de 1793 à 1794, était composé d’une « convention » qui nommait par la suite un comité de salut public qui proposait les lois, et un comité de sureté général qui appliquait la loi. Si la « Convention » était élu au suffrage universel masculin, elle se composait en réalité de deux camps: les Montagnards (issus de la petite bourgeoisie) et les Girondins (issus de la haute bourgeoisie). Et pour la faire courte: il y a eu des embrouilles, des répressions sanglantes, la Terreur de Robespierre, etc…

La seconde République quant à elle, répondant sous le doux nom de « Directoire », mis en place le suffrage censitaire; seuls ceux qui payaient le cens, un impôt, avaient le droit de vote. Inutile de te faire un schéma, cela exclu une grande partie de la population et ne laisse le droit de vote qu’au bourgeois.

L’important dans une révolution, c’est le système qui en découle si cette dernière parvient à déchoir le pouvoir en place.

Au XVIIIe et XIXe, elle a clairement favorisé les bourgeois, qui ont obtenu gain de cause puisque ces derniers réclamaient le pouvoir.

Cependant je pense que ces étapes ont été aujourd’hui bénéfique à la construction de notre République actuelle, qui aujourd’hui profite au peuple (quoi que, mais c’est un autre débat que je t’invite à créer).

PS: je tiens par avance à m’excuser de potentiels inexactitudes historique, je ne suis malheuresement pas historien..

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Staghnor Staghnor a répondu le

Il y a plusieurs éléments à prendre en compte concernant la révolution française. Considérer que la révolution française est une révolution bourgeoise, est en fait une réalité, qui a ses origines dans la philosophie des Lumières. La philosophie des Lumières, est une philosophie avant tout bourgeoise. La philosophie des Lumières est une philosophie du mépris profond du peuple en fait. Il est d’ailleurs important de constater que dans l’article « représentants » de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, ce qui fait le citoyen, c’est avant tout son argent, et ses biens fonciers. S’il n’a ni l’un ni l’autre, il ne peut pas être citoyen. Avec le balayage des biens communaux dans les provinces, la bourgeoisie procède ainsi à la privatisation dispose des biens fonciers et de l’argent nécessaire pour être citoyen. Notamment par les biens mobiliers, comme dans le commerce et dans le domaine bancaire. En 1789, la bourgeoisie remplace l’aristocratie, mais quant au peuple lui, il suffisait de sortir de Paris pour voir que le peuple n’en avait rien à faire de la révolution, en dehors du cadre qui consiste à faire sauter les impôts.

 

La révolution française est une révolution totalement bourgeoise, il suffisait de voir la composition des membres des états généraux par exemple. Dans le tiers-état, il n’y avait que des bourgeois et des professions libérales, de grands avocats. Seuls deux artisans étaient présents. A partir de là, les choses sont clairs. La révolution française s’est drapée dans la république romaine, et était une révolution bourgeoise, dans l’intérêt de la bourgeoisie notamment dans la politique et dans l’économie. La bourgeoisie avait intérêt à faire péter les anciens cadres de la société qui devenaient des entraves à la progression de ses intérêts. Au niveau politique, la monarchie représentait un obstacle qui l’empêchait de régner. Au niveau économique, les systèmes des corporations qui garantissaient les anciens cadres de production de l’ancien régime, étaient devenus des entraves au libre développement du capital. Par conséquent, les débuts de la misère ouvrière, c’est l’abolition des corporations et de la possibilité de s’associer par les lois le Chapelier et d’Allarde de 1791. A partir de là, qu’en est-il du peuple ? Le peuple a vu la révolution lui passer sous le nez. La révolution française n’avait pas intérêt à cette révolution en ce sens où elle aurait pris le pouvoir, c’est totalement faux.

 

Pour ce qui est des ouvrages, Karl Marx et Friedrich Engels ont beaucoup parlé de la révolution française, dans l’Idéologie Allemande, dans les Grundrisse, ou dans le Manifeste Communiste.

 

Pierre Kropotkine dans l’Entraide, développe un peu le problème des communaux sous la révolution française et les lois qui ont été promulguées pour les donner à la bourgeoisie.

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