C’est quoi un vrai travail ? – ou – Le travail en est-il toujours un lorsqu’on le fait avec passion ou avec plaisir ?

Questions de sociétés 2031 fois4 opinions1 follower
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Mrconfiture Georges-Pompidou ✅ a répondu le

Bonjour à tous !

Vous avez peut être un jour entendu cette phrase  » c’est pas un vrai travail »

Je vous pose donc la question, qu’est ce qu’un vrai travail ?  Et est ce que s’en est toujours un quand on le fait pas choix et pas passion ?

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AkebonoLV AkebonoLV a édité une réponse le

Dans le quotidien, nous avons tendance à confondre le travail à l’emploi.

Le travail désigne une activité nécessitant un effort physique ou intellectuel réalisée dans un but précis : tailler une haie dans son jardin, faire le ménage ou même faire une vidéo sur YouTube (un des exemples ou l’on entend le plus la fameuse expression « ce n’est pas un vrai travail ») sont donc des exemples de ce que peut être un travail. En conséquence, l’emploi est également un travail, mais qui est réalisé dans un contexte particulier (régi par un contrat employeur-employé ou bien même travailleur indépendant-client, avec ce qui en découle en terme de rémunération, etc.).

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Manolo Staghnor a commenté une réponse le

Peu de personnes peuvent se targuer de faire leur travail avec passion puisque une majorité des travaux sont des tâches pénibles à accomplir mais qui doivent être faites.

Cependant on entre dans le XXIe siècle et avec l’avancé de la technologie on a l’occasion à termes:

  1. De moins travailler (Keynes allait jusqu’à parler de 5h par semaine, on peut alors s’imaginer une société futuriste où des personnes oisifs n’ont plus qu’à faire tourner la machine sans en être un rouage) et c’est un des débats actuels avec le revenu de base, et la raréfaction du travail. Je mesure tout de même mes propos car il y a encore beaucoup d’obstacles à affronter pour lorgner vers une société comme celle-ci.
  2. De créer son propre travail (auto-entrepreneuriat, YouTube, etc…) et là on peut admettre que certains travaux soient des passions.

Cependant, tout le monde ne devient pas astronaute ou acteur de cinéma: on doit se nourrir, on doit nettoyer autour de nous, construire des maisons, etc…

Je pense qu’il serait préférable de mener une réflexion sur la forme du travail, et non le fond, car dans toutes les sociétés, il y aura quoi qu’il arrive des tâches à accomplir !

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Staghnor Staghnor a édité une réponse le

Avant de traiter du vrai travail, ou du faux travail, il est important de se poser la question de ce qu’est le travail en tant que tel. Le mot travail lui-même, n’est pas neutre dans l’histoire de l’humanité et de sa propre dépossession.

L’étymologie du mot travail provient du latin « trepalium » désignant par là un instrument de torture, et s’étant immédiatement associé à l’époque à des travaux difficiles et pénibles pour les masses laborieuses.

Dans les communautés primitives, le travail n’existe pas. Est-ce à dire pour autant que l’on ne faisait rien ? Pas du tout. Mais il ne faut pas perdre de vue qu’au cours de l’histoire, les mots changent de définition, et qu’ils perdent ce qu’ils voulaient dire en premier ou s’étendent à des sphères qui ne leur correspondent pas.

Ainsi, lorsque l’on dit que les communautés primitives « travaillaient », c’est une erreur linguistique, historique, et une faute sévère.

Dans les communautés primitives, il existe une activité vitale, une reproduction de la vie générique des individus et du groupe, dans le cadre d’une activité naturelle organique immédiate. L’homme produit et recueille les produits immédiats que la nature lui offre. Il ne s’agit pas d’un travail, et donc, pas d’une activité aliénée.

Qu’est ce que le travail ?

Le travail est l’activité, où l’homme produit un objet qui lui est étranger, en vue de l’échanger contre soit, un autre objet (troc) ou soit de l’argent (salaire). Dans le cadre du travail, l’homme est obligé de produire un objet dont il n’a pas besoin immédiatement en vue de l’échanger contre un autre, ou contre un salaire afin de ne pas mourir et afin de reproduire sa force de travail, dans le cadre de l’exploitation et de l’aliénation du mode de production capitaliste. Mais le problème ne date pas d’hier. Dès que l’homme s’est mis à échanger avec d’autres communautés et d’autres hommes, la production en vue de l’échange, et non plus en vue de la satisfaction immédiate des besoins naturels s’est faite considérablement sentir. Plus l’accroissement de la production en vue de l’échange se réalise, plus l’homme s’est vue contraint de produire au-delà de ses besoins immédiats et a dû se mettre à produire afin de satisfaire les besoins d’individus étrangers et s’est vu surtout dans l’obligation d’entretenir une classe sociale qui dispose des moyens de production mais qui ne travaille pas elle-même : les classes sociales sont nées.

Avec la surproduction en vue de l’échange, et en vue de l’entretien d’une classe sociale qui ne travaille pas, la division du travail commence, agriculture, artisanat, industrie, puis plus tard dans l’échange massif et dans l’accroissement des échanges, le commerce, les marchands, etc.

Dans les communautés primitives, il n’y avait pas de division du travail. Chaque individu savait faire ce qu’il y avait à faire dans la communauté. Savoir chasser, savoir pêcher, savoir cueillir, savoir sarcler, récupérer le miel, peindre, faire de la musique, s’adonner aux jeux, ou à l’éducation des enfants, voilà tout ce qu’un individu pouvait faire de lui-même. Pour quelles raisons ? Déjà, parce que le temps d’activité vitale nécessaire à la reproduction de sa propre vie et de celle des autres (manger, boire,) étaient extrêmement court. A cela, je renvoie aux travaux de Marshall Sahlins « Âge de Pierre, Âge d’Abondance » et à ceux de Pierre Clastres dans « la Société contre l’Etat », où ils font la démonstration que le temps d’activité en question était de quelques heures dans la matinée une journée tous les deux trois jours voire plus selon les régions fertiles ou désertiques. A partir du moment où un temps d’activité vitale nécessaire à la reproduction de la vie est très court dans une communauté primitive, la grande partie du temps est allouée à des activités de jeux, de rires, de dessins, d’art, de musique, d’éducation pour les enfants et autres selon les communautés.

Dans notre société moderne, nous produisons au-delà de nos propres besoins en vue de satisfaire les besoins d’un marché mondial et de l’entretien d’une classe sociale qui ne cesse de rétrécir par l’accumulation et la concentration du capital grâce à la libre concurrence guerrière à laquelle se donnent tous les capitalistes : les plus puissants évinçant les plus petits

Cependant, dans les communautés primitives, il n’y avait que la main, ou quelques outils archaïques servant à satisfaire les besoins immédiats de l’homme (des pierres, des arcs, des flèches, etc). Aujourd’hui, grâce aux machines et grâce aux outils dont nous disposons, le temps à produire ce dont nous avons besoin est considérablement réduit par rapport à l’époque, ce qui donne à chaque individu en réalité, un temps gigantesque où il peut faire ce qu’il veut : planter ce dont il a besoin pour manger le matin, faire de la peinture l’après-midi, faire de la musique en début de soirée, construire une maison avec d’autres personnes. Mais cela signifie au préalable la fin de la division du travail, pour y arriver, il faut la mise en commun des moyens de production, et non plus la production en vue de l’échange ou d’un marché, mais en vue de la consommation immédiate. Cela n’est possible, qu’en sortant de ce système : le mode de production capitaliste.

Nous nous sommes éloignés de la question initiale : qu’est ce qu’il vrai travail ? En réalité, il n’y a pas de vrai travail, il n’y a que des activités d’aliénation, retirant à l’individu ce qu’il a produit pour le jeter sur un marché dont il ne voit que l’ombre. Et ici, l’homme est condamné à produire et à produire d’avantage dans le rythme accéléré des machines et ne reçoit à la fin qu’un mince salaire juste suffisant pour survivre. Avec les lois travail de l’an dernier et les programmes libéraux en cours, cela ne va faire que s’aggraver.

Il faut dont mettre fin au travail en tant qu’activité asservissante de l’homme au Dieu Argent et au Dieu Marché. Il faut retrouve l’activité vitale, l’activité humaine, produire humainement, pour les besoins de l’humanité, et non pas pour les besoins d’un gigantesque marché qui ne cesse de grossir, et qui ne cesse de rétrécir par la même occasion.

Mettre fin au travail, c’est retrouver une vie humaine, cesser d’être un esclave sous contrat ou un esclave salarié. Mettre fin au travail, c’est enfin arrêter de se dire « je dois choisir ce que je vais faire toute ma vie sans sortir des clous ». C’est cesser d’être un agriculteur, ou un peintre, mais pouvoir s’adonner à l’agriculture le matin et l’après midi peindre si l’on en a envie. C’est cesser d’être un architecte d’un côté, et un pianiste de l’autre, c’est pouvoir mettre en place des plans et ensuite pouvoir faire du piano. Ceci est loin d’être une utopie. Dans les communautés primitives ce que j’ai décrit était effectif. Mais avec la réduction du temps d’activité nécessaire grâce aux machines, nous aurons encore plus de temps pour nous adonner à toutes les activités qui nous plaisent au lieu de seulement nous cantonner à une seule toute notre vie. En Espagne en 1936 par exemple, certains collectivisaient les terres dans les campagnes, et les mêmes qui étaient à la campagne s’adonnaient le reste de leur temps libre à l’administration des biens, ou à des activités de loisirs.

En somme, mettre fin au travail en temps que tel, c’est retrouver notre humanité.

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Georges-Pompidou Georges-Pompidou ✅ a commenté une réponse le

Pour ma part, oui, je pense qu’un travail en est toujours un lorsqu’on le fait avec plaisir, du moment que l’on perçoit un salaire, que l’on soit salarié ou dirigeant d’une entreprise.

Ces deux notions (« le travail auquel on prend plaisir » et « le vrai travail ») sont différentes selon moi. Un « vrai travail », c’est une fonction qu’un salarié occupe pour avoir de l’argent de manière légale (le faux travail, c’est le travail au noir, l’esclavage etc…) tout en étant régit par un patron.

Par contre, il est évident qu’aujourd’hui comme avant, les jeunes veulent trouver un travail où ils prendront du plaisir afin de « gagner leurs pains ». Quel est le plaisir au travail ? C’est le fait que l’on travaille dans un domaine dans lequel on se plaît, que l’on maîtrise énormément et que l’on ne pourra pas quitter d’une semelle jusqu’à la retraite. On peut également parler de « travail-passion », où le travail se conjugue avec le plaisir, ce qui n’est pas du tout impossible.

Le « travail-passion » se fonde d’abord dans la (les) matière(s) du lycée, voire du collège dans laquelle (lesquelles) nous excellons. C’est à partir du début de la seconde ou de la troisième que l’on commence à organiser son orientation comme on le désire. Et il est clair que les étudiants d’aujourd’hui (même si certains ne savent pas encore quoi faire) ont déjà quelques petites idées du fait des domaines où ils sont forts. Ils vont donc faire des études jusqu’au moment où ils seront engagés dans le travail qu’ils veulent. Moi, je pense que si l’on travaille dans un domaine qui nous plait et dans lequel on s’engage de manière parfaite, mieux sera le salaire puisque le rendement sera meilleur, vu que l’engagement du salarié est amélioré de par le plaisir que nous procure le travail.

(je pense que j’ai un peu trop utilisé le mot « travail » ! XDD)

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